Titanesque énergie des mers !

« Réfléchissez au mouvement des vagues, au flux et reflux, au va-et-vient des marées. Qu’est-ce que l’océan ? une énorme force perdue. Comme la terre est bête ! ne pas employer l’océan ! »

– Victor Hugo, Quatre-vingt-treize (1874).

Face à la propagande intensive de notre industrie nucléaire étatisée — vous savez, ces fameux « champions nationaux » de la subvention publique — il est bon de relire Victor Hugo, ce grand patriote qui fit la chasse à tous les petits napoléons de son époque. Et oui, le solitaire de Jersey, celui qui s’écriait tous les matins à pleins poumons : « Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ! » Autres temps, autres mœurs ?

Avec 11 millions de km² de zone économique exclusive, la France est la 2e puissance maritime mondiale, après les États-Unis d’Amérique, à égalité avec le Royaume-Uni. On nous saoule à longueur de journaux télévisés sur la nécessaire nucléarisation du territoire français, mais qui a jamais entendu parler de la titanesque énergie des mers, dont nous ne faisons rien ?

Ne soyons pas avares de faits, et donnons la parole aux scientifiques, ce peuple persécuté par les mass media contemporains. Voici ce qu’ils nous disent : pour 2050, les besoins de l’humanité en énergie sont estimés à 16,5 GTep (ils étaient de 11,7 GTep en 2006, assurés pour 6,2% par le nucléaire). Or les mers pourraient en théorie fournir 30 000 GTep à partir du seul rayonnement solaire sur leur surface, 40 GTep par la force du vent, dont une partie se transforme en houle et vagues, et 2 GTep par la force des courants de marées. Il faut rajouter à cela l’énergie des différences de température selon la profondeur, et celle des gradients de salinité dans les estuaires.

La France a donc des atouts inestimables dans le domaine des énergie marines et n’en a fait, jusqu’à présent, quasiment rien, préférant dépenser 100 millions d’euros en « investissements d’avenir » dans le domaine des déchets nucléaires, ou bien développer de coûteux nouveaux modèles de réacteurs qui-résoudraient-enfin-tous-les-problèmes (vieille rengaine de la technocratie nationale).

On nous annonce, bien tardivement, des éoliennes en Bretagne, simple rattrapage de notre retard sur les installations de nos voisins européens… Et puis ? Silence.

Qui gouverne la France ?