Vous avez dit illimité… Vraiment ?

Ah, les beaux jours des forfaits de télécommunication illimités… Seraient-ils derrière nous ? Je viens de quitter mon opérateur de téléphonie mobile pour passer chez un opérateur virtuel peu connu, appelé Prixtel. Pourquoi ? Parce qu’avec leur forfait Chrono le prix facturé est proportionnel à mon usage effectif, tout en restant inférieur aux forfaits correspondants des concurrents. Oui, on peut le dire, à rebours de tout le monde, Prixtel ne pousse pas à la consommation. Cela ferait-il partie de leur modèle économique ?

Faire payer un client en fonction de son usage d’une ressource donnée tombe sous le sens, mais ce genre d’évidence ne se constate que rarement de nos jours sur Internet… Ah, les belles histoires que nous racontent Google, Facebook, Twitter et les autres ! Croissez et multipliez, nous nous chargeons du reste : le retour au réel sera rude dans un monde désormais gouverné par les lois inflexibles de la physique, que ce soit celle des télécommunications ou bien de la biosphère tout entière.

Il est donc probable que les modèles économiques de paiement à l’usage se généralisent dans l’avenir, car eux seuls permettent un développement à long terme des entreprises, en intégrant dès le départ les risques et les limites de leur croissance. Cependant, le calcul du « prix de la ressource » va se complexifier, car il devra réintégrer toutes les externalités, qui jusqu’à présent en étaient écartées, par volonté délibérée ou par simple ignorance.

Dans un monde où la demande dépasse désormais souvent l’offre, ces modèles auront pour effet vertueux d’instaurer une auto-régulation douce, évitant ainsi les effets déstabilisateurs d’une pénurie soudaine. Finalement, le monde des télécommunications aura abandonné son horizon virtuel pour redevenir une activité réelle... Pour le meilleur !