Mœbius, passeur de rêves

Ce samedi 10 mars, Jean Giraud, alias Gir, alias Mœbius, nous a quitté. Je me souviens avoir découvert son œuvre foisonnante au milieu des années 1990 dans la collection personnelle d’un ami, artiste peintre, qui conservait comme un trésor l’ensemble des numéros de Métal hurlant, la mythique revue de bandes dessinées des années 1970. Depuis cette date, les images de Mœbius n’ont cessé de me fasciner.

Rêver, rêver sans cesse, puis, à la manière d’un voyageur toujours prêt à faire don des trouvailles ramassées au cours de ses errances, transmettre à ceux que l’on rencontre l’envie de rêver à leur tour. Toute sa vie, Mœbius fut un passeur de rêves, qui, par la magie de son trait toujours réinventé, faisait ressentir à chacun un peu du mystère de notre condition humaine.

Notre époque a plus que jamais besoin de rêveurs, d’êtres humains qui, par la pureté de leur engagement, osent réinventer l’avenir, imaginer des recommencements, dans la joie enfantine de l’attente d’une heureuse surprise, d’une métamorphose.

Merci Monsieur Giraud de nous avoir rappelé inlassablement la nécessaire beauté des rêves.