L’exemple

If you think you can, you can; if you think you can’t, you can’t.
In both cases, you are right.

–  Attribué à Henry Ford

Mauvaises nouvelles du front : pour qui suit de près les travaux des scientifiques dans le domaine de la crise écologique, l’écart est désormais gigantesque entre les paroles et les actes politiques. Pour s’en rendre compte, il suffit de consulter le tout récent ShamePlane, un astucieux calculateur des émissions de dioxyde de carbone associées à un voyage en avion, remarquable de pédagogie et de précision (prenez le cas d’un vol Paris-New York).

Confrontés à des choix dont aucun ne semble être favorable, la tentation est grande de nous réfugier dans une attitude désespérée, qu’elle soit active (un appel à l’aide) ou passive (un soupir de résignation). Généralement, le vieux défaitisme règne, invoquant un déterminisme implacable, une fin annoncée (c’est bien commode, nous pouvons ainsi retourner tranquillement à nos petites affaires). Et pourtant, il fut un temps pas si lointain où les êtres humains croyaient en la vertu de l’exemplarité. Il n’est qu’à consulter une sélection de citations sur ce thème pour s’en rendre compte.

Pour caricaturer efficacement la situation, notre monde semble désormais se scinder, comme dans une mémorable planche des Dingodossiers, en quatre catégories de gens, classés en fonction de leur incompréhension (de leur déni) ou non du réchauffement climatique, et de leur capacité à payer ou non pour le prévenir. Dans nos pays de l’hémisphère nord, nombre de ceux qui auraient les moyens de faire quelque chose sont en réalité dans le déni, tout en refusant de l’admettre. Ils haussent alors les épaules, en attendant qu’un miracle survienne (la promesse du sauveur, baume psychologique d’efficacité prouvée à court terme).

Et pourtant, il est possible d’agir tout de suite, et cela commence par accepter le principe pollueur-payeur… C’est assez simple, non ? (« Un enfant de cinq ans comprendrait cela… » Chers Grouchomarxiens anglophones, Bill Nye a d’ailleurs un message pour vous.) Entre gens raisonnables, nous savons bien qu’il ne faudra pas attendre une nouvelle guerre ou une dictature pour prendre ce genre d’évidences au sérieux. Mais alors comment faire, en pratique ? Et bien, répétons-le, en donnant l’exemple, comme les adultes prétendaient le faire autrefois, à savoir : en modifiant son comportement, en participant à, ou en soutenant financièrement, des projets qui produisent des remèdes à la crise.

Ainsi est-il plus que recommandé d’encourager la préservation et le développement naturel d’écosystèmes qui assurent la régulation des cycles vitaux de l’eau et du carbone sur la planète Terre : les forêts. Et où trouver des forêts ? Et bien près de chez vous ! Par exemple, il est possible d’acquérir des parts d’un groupement forestier aux critères de gestion écologiques comme le Groupement forestier pour la sauvegarde des feuillus du Morvan (GFSFM). C’est une société civile, qui ressemble donc un peu à une SCI, mais adaptée à la forêt et réglementée par le code forestier. Vous ne faites pas un don, vous devenez propriétaire de parts de la société, que vous pourrez donner à quelqu’un, revendre plus tard, etc.

(Le Réseau des alternatives forestières propose également des dons défiscalisés à son fonds de dotation Forêts en vie. Pour ceux qui préfèrent les tropiques et leurs trésors de biodiversité, l’association Kalaweit propose des dons lui permettant d’acquérir des terrains de la réserve forestière Dulan, actuellement destinés à la monoculture de palmier à huile.)

L’essentiel est, comme toujours, de faire face ensemble. Votre exemple en inspirera d’autres. Maintenant, trêve de bavardage, passez à l’action ! Parlez-en à votre famille, vos amis, vos collègues… Plus nous serons nombreux, plus tout cela ira vite.

Une pensée pour les enfants d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Publié par David Bourguignon

#Innovation #Sustainability #IT