The silent ‘smart meters’ controversy

« The principal source of injustice in our epoch is political approval for the existence of tools that by their very nature restrict to a very few the liberty to use them in an autonomous way. The pompous rituals by which each man is given a vote to choose between factions only cover up the fact that the imperialism of industrial tools is both arbitrary and growing. […] This means that politics in a postindustrial society must be mainly concerned with the development of design criteria for tools rather than as now with the choice of production goals. »

Ivan Illich, Tools for Conviviality (1973)

More than thirty-five years later, Illich’s visionary comment is today illustrated with a silent but growing controversy about smart meters and other mass surveillance systems deployed under governments auspices. A recent article by John Vidal from the Guardian, entitled Why smart meters could make power firms richer, made things even clearer. In fact, we know from the example of illustrious Web companies that collecting and using personal and behavioral information leads to very profitable businesses.

However, this point is not so commonly made in Europe, where huge amounts of money are going to be spent on smart meters without questioning the very design of these systems. In fact, detailed answers to several important questions are still missing: What is the business model of smart metering? That is, who will make money from it, to cover its costs? What kind of data will be collected, and shipped to whom?

Silence. Currently, deeply intrusive and weakly secured technology is about to be massively deployed without stating clearly its purpose. Industrialists are tiptoeing around the issues and apparently avoiding facing uncomfortable facts… Why real-time highly accurate individual data has to be transmitted outside homes if it is supposed to help people monitor their domestic energy consumption? Silence. Are all these details really needed to manage large-scale electricity networks? (It seems that aggregated data would do the job, doesn’t it?) Silence.

We live in strange times: the path towards sustainable development should be focusing on enlightened collective responsibility and individual autonomy, and sometimes we shiver when a dark cloud passes over the sun, casting its gigantic shadow on the ground.

L’Amazonie comme métaphore

Lettre ouverte à M. Patrick Kron, PDG du groupe Alstom.

Comme vous le savez sans doute, le projet brésilien de construction du barrage de Belo Monte sur le fleuve Xingù, auquel Alstom participe, est en train de susciter une prise de conscience internationale. Comment en serait-il autrement, alors que, dans un scénario qui ressemble tristement au récent film Avatar de James Cameron, les droits des populations indigènes sont une fois de plus bafoués, pour faire place à une exploitation industrielle destructrice ?

Les chefs des tribus du bassin du Xingù ayant promis « la guerre » au gouvernement brésilien en cas de refus du dialogue, Alstom souhaite-il vraiment s’associer à ce qui s’annonce déjà comme un désastre en terme d’image pour le Brésil et ses partenaires, à trois ans du lancement de la Coupe de monde de football dans ce pays ?

Oui, votre contrat de fourniture de turbines pour le barrage de Belo Monte s’élèverait à 500 millions d’euros. Oui, vous vous attendriez à d’autres contrats, car ce barrage n’est que le premier d’une longue série qui détruira définitivement l’ensemble de la région du Xingù en inondant des milliers d’hectares de forêt primaire. Mais que vaudra cet argent si Alstom se retrouve demain pris au piège d’un conflit qui vous dépasse ?

La société Alstom met en avant sa maîtrise des énergies renouvelables du vent et de la biomasse. Le Brésil est sûrement l’un des endroits au monde où ces deux éléments sont présents en abondance. N’est-il pas temps de faire preuve de créativité et de convaincre votre client brésilien que les équipes d’Alstom peuvent trouver une autre solution à son problème énergétique, que celle l’on cherche partout à imposer, par manque d’imagination ? Comme au 19e siècle, le développement économique doit-il forcément s’accompagner de la destruction des cultures humaines et des milieux naturels dans lesquels elles vivent ?

Le temps presse. Les décisions que vous prendrez seront lourdes de conséquences. Mais ce qui pouvait autrefois être passé sous silence occupe aujourd’hui le devant de la scène. Mettez-vous un seul instant à la place de ces tribus, à qui vous retirez la raison même de leur existence. Qu’ont-ils à perdre, face à des puissances qui les ignorent ? Rien. Imaginez alors qu’ils décident d’aller jusqu’au bout de leur démarche, et qu’il déclarent, effectivement, « la guerre ». Il faudra bien un jour commencer à réaliser que, en ce début chaotique de 21e siècle, le business as usual n’existe plus.

Facebook, icon of our Hegelian age?

« It is not the general idea that is implicated in opposition and combat, and that is exposed to danger. It remains in the background, untouched and uninjured. This may be called the cunning of reason, — that it sets the passions to work for itself, while that which develops its existence through such impulsion pays the penalty and suffers loss. »

– Georg Hegel, Lectures on the Philosophy of History (1837)

The Anonymous have decided to rampage the virtual land of Facebook on November 5th, promising to free its inhabitants from their merciless ruler(s). As a replacement to Facebook, they have announced the ongoing development of a social networking platform called Anonplus… This sounds definitely like an interesting challenge, at least for Facebook system administrators, but do the Anonymous really understand what is at stake?

Facebook, a perfect example of Hegel’s cunning of reason? In fact, it is through the megalomaniac whims of a young adult (or rather, a very old teenager) that Facebook came into existence, as a monstrous offspring of the first decade of the 21st century, and is now valued at nonsensical heights… It is now with the voices of more than 750 millions people that this social network resonates everyday, helping human beings all over the world make their pleas.

Individual consciousnesses, without wanting nor knowing it, are serving what transcends them, and through the actions of passionate individuals, reason becomes real, says Hegel. Therefore, if Facebook can be considered as a dictatorship, satisfying the egoistical desires of its main shareholder, it nevertheless contributes to the development of liberty, spreading revolutionary ideas across the entire planet, ignoring borders.

Facebook, icon of our Hegelian age? In the meantime, don’t forget to backup your list of Facebook friends using the great Export Friends To CSV application: who knows, the Anonymous’ coup d’état could succeed!

Vous avez dit illimité… Vraiment ?

Ah, les beaux jours des forfaits de télécommunication illimités… Seraient-ils derrière nous ? Je viens de quitter mon opérateur de téléphonie mobile pour passer chez un opérateur virtuel peu connu, appelé Prixtel. Pourquoi ? Parce qu’avec leur forfait Chrono le prix facturé est proportionnel à mon usage effectif, tout en restant inférieur aux forfaits correspondants des concurrents. Oui, on peut le dire, à rebours de tout le monde, Prixtel ne pousse pas à la consommation. Cela ferait-il partie de leur modèle économique ?

Faire payer un client en fonction de son usage d’une ressource donnée tombe sous le sens, mais ce genre d’évidence ne se constate que rarement de nos jours sur Internet… Ah, les belles histoires que nous racontent Google, Facebook, Twitter et les autres ! Croissez et multipliez, nous nous chargeons du reste : le retour au réel sera rude dans un monde désormais gouverné par les lois inflexibles de la physique, que ce soit celle des télécommunications ou bien de la biosphère tout entière.

Il est donc probable que les modèles économiques de paiement à l’usage se généralisent dans l’avenir, car eux seuls permettent un développement à long terme des entreprises, en intégrant dès le départ les risques et les limites de leur croissance. Cependant, le calcul du « prix de la ressource » va se complexifier, car il devra réintégrer toutes les externalités, qui jusqu’à présent en étaient écartées, par volonté délibérée ou par simple ignorance.

Dans un monde où la demande dépasse désormais souvent l’offre, ces modèles auront pour effet vertueux d’instaurer une auto-régulation douce, évitant ainsi les effets déstabilisateurs d’une pénurie soudaine. Finalement, le monde des télécommunications aura abandonné son horizon virtuel pour redevenir une activité réelle... Pour le meilleur !

‘Into Eternity’ : méditation à la croisée des chemins

« À la moitié du chemin de la vraie vie, nous étions environnés d’une sombre mélancolie. »

– Dante Alighieri, Divine comédie, chant I (vers 1300)

Étonnant rapprochement : en lisant les premiers vers de la Divine comédie, on ne peut s’empêcher de songer au destin de notre propre civilisation, soudain brutalement confrontée à des choix qui dépassent l’horizon de pensée commun.

Depuis peu, les discours sont émaillés de références lointaines : en 2020, en 2050, dans un siècle… Ces dates défilent devant nous comme un compte à rebours étrange, qui dilate en secret nos existences elles-mêmes.

Un millier de siècles ! C’est l’horizon que se propose d’explorer le documentaire fascinant de Michael Madsen, Into Eternity (réalisé en 2009, sorti en France en 2011). Oui, cent mille ans, c’est le délai qui sera nécessaire pour que les 200,000 tonnes de déchets radioactifs qui ont été produits jusque-là par l’industrie nucléaire, deviennent inoffensifs.

Au milieu de la Finlande, des hommes creusent une tombe gigantesque, à des centaines de mètres de profondeur dans la roche-mère, qui sera le lieu de repos ultime d’un feu mortel qui ne veut plus s’éteindre.

Demain, d’autres mausolées surgiront en France, aux États-Unis, en Chine, en Inde et ailleurs… Ils seront probablement tout ce qui restera de notre époque quand nos villes auront disparu. Ils célébreront la responsabilité éternelle d’une civilisation qui finit par devenir indifférente à la vie elle-même.

Les nouveaux Galilée

« Le temps du monde fini commence. »

– Paul Valéry, Regards sur le monde actuel (1931).

Aurions-nous pu imaginer, il y a de cela à peine quelques décennies, que tout irait aussi vite ? Le vingt-et-unième siècle à peine entamé, nous voici désormais confrontés à la finitude de notre domaine, pour reprendre la belle expression d’Albert Jacquard.

Nous semblons vivre une époque en tous points similaire à celle du grand Galileo Galilei, inventeur de la science moderne. Une gigantesque controverse s’est levée au large, elle approche désormais en grondant des côtes les plus protégées des civilisations avancées. Aucune digue culturelle ne lui résistera.

La finitude de notre domaine… Qui, parmi les gouvernants des puissances économiques et politiques de notre temps, a envie d’entendre une pareille leçon d’humilité ? Et pourtant, celle-ci est répétée, jour après jour, par des voix innombrables : scientifiques, entrepreneurs, militants, citoyens ordinaires. Les nouveaux Galilée.

En face, se regroupe une foule compacte, non pas de cardinaux soucieux de maintenir la cohérence intellectuelle d’un système religieux, mais un rassemblement hétéroclite de partis, publics ou privés, qui défendent avant tout les intérêts de ceux qui ont tout à perdre à un changement de paradigme.

Quatre siècles après avoir reconnu que la Terre n’était pas le centre de l’Univers, il nous faut désormais admettre que cette petite bille de glaise est finalement tout ce qui nous est donné de conquérir, ici et maintenant, et d’aussi loin que porte le regard sur l’horizon des siècles.

Ô la finitude de notre domaine !

What happened to Google’s antinuclear stance?

« So, from our perspective we look at this and it goes: look guys, here is what we want to do. We want to focus on three technologies, renewable, right, obviously, things we’ll have forever, and, by the way, we are not running out of it! The Sun’s not going away any time soon. You get the idea. What’s interesting by the vision: you look at those and when you compare them for example to nuclear, which in our model we simply assume as relatively constant, the nuclear cost, just on a cost basis, doesn’t cost out! And I’m ignoring the strategic questions, and the political arguments, and so forth. It’s just cheaper to invest. It’s funny because I was listening to one of these radio shows where he said: ‘well, these people say we should use wind and solar instead of nuclear!’… Yes! (Laughs) Because they’re cheaper! OK, it’s like money. (Laughs) OK, it’s like real simple. »

– Eric Schmidt, Where Would Google Drill?,
The Commonwealth Club of California,
San Francisco, October 1st, 2008.

Today is the 25th anniversary of the Chernobyl disaster (the nuclear plant exploded at 01:23 on April 26th, 1986) and what do we see on Google’s front page, often dedicated to the celebration of noble causes? We see beautiful and rare (and extinct?) bird species, joyfully chirping! Oh yes, we nearly forgot this: let’s celebrate today the 226th birthday of our dear Jean-Jacques Audubon, the delicate painter, the unsung poet of the magnificence of our feathered friends!

This is… cute? But what happened to Google’s antinuclear stance, as clearly defined in 2008 by Eric Schmidt himself, then CEO of one of the most powerful high-tech companies in the world? His point was straightforward: nuclear power is rare and expensive, compared to abundant renewable energies. Who would seriously invest in this technology? And which insurance company would be foolish enough to cover the damages of a nuclear accident? (The cost of the Chernobyl disaster is estimated around 235G$.)

Answers to both questions are very simple: nuclear energy is a highly-subsidized industry, backed by governments themselves. And in case of trouble, citizens will pay the bill. It is very simple, isn’t it?

La seconde bataille de Tchernobyl

La fête de Pâques nous rappelle que la vie peut triompher de la mort. Il est cependant des extrêmes confins, où la folie humaine nous emporte actuellement de plus en plus vite, d’où personne ne revient.

Je viens de voir La bataille de Tchernobyl, un documentaire français de 2006, réalisé par Thomas Johnson, qui retrace l’histoire de l’accident (il est visible en ligne en plusieurs parties : nº1, 2, 3, 4, 5 et 6).

Ce film d’une heure trente, extrêmement dense, nous apprend par exemple que le risque d’une seconde explosion du réacteur, cette fois-ci d’une puissance mille fois supérieure à la bombe d’Hiroshima, était bien réel. Cela aurait évidemment détruit une partie de l’Ukraine et rendu des régions entières de l’Europe inhabitables à cause des retombées radioactives.

Cette seconde explosion fut évitée grâce à l’abnégation de centaines de pilotes d’hélicoptère, qui larguèrent des tonnes de sable, de bore, et de plomb dans le cratère, d’un bataillon entier de pompiers, qui retirèrent l’eau emprisonnée sous la dalle de béton, et qui tous moururent dans les semaines qui suivirent. Cette liste n’est pas exhaustive.

Ensuite vinrent les centaines de milliers de liquidateurs chargés de décontaminer la zone le plus possible, de construire un sarcophage pour isoler le réacteur pour trente ans, sarcophage qui maintenant présente de dangereuses fissures. Ensuite vinrent les cancers, les enfants difformes, les vies brisées. Héroïsme de ces Soviétiques, sacrifiés pour épargner au monde une apocalypse.

Le malaise grandit encore dans la dernière partie du documentaire : on y apprend la volonté délibérée de l’Agence internationale de l’énergie atomique (dirigée par les Occidentaux) de minimiser les conséquences de la catastrophe, les mensonges éhontés du gouvernement français sous la présidence de François Mitterrand, etc., jusqu’à la nausée.

On ressort chancelant de cette vision, comme après une brève incursion dans un des derniers cercles de l’Enfer. On repense au film vénéneux de Stanley Kubrick, Docteur Folamour, description lucide du gouffre nucléaire qui se déploie au cœur même de nos sociétés avancées, et qui les menace d’anéantissement.

Faisons le constat tragique suivant : la pensée nucléaire qui imprègne nos oligarchies a peu changé en un quart de siècle. Les récents débats auxquels on a pu assister, en France, suite à la catastrophe de Fukushima, en témoignent. N’oublions pas que le gouvernement français, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, avait signé des contrats de livraison de plusieurs centrales avec la dictature libyenne de Mouammar Kadhafi. Irresponsabilité à tous les étages.

Rendons hommage aux morts de la première bataille de Tchernobyl, aux innocents qui continuent de souffrir de ses conséquences. La seconde bataille de Tchernobyl commence : il s’agit d’obtenir le plus vite possible l’interdiction définitive de l’énergie nucléaire et des armes atomiques à la surface de la planète Terre. Humanité, ton destin est entre tes mains !

Nous savons…

— Matthieu, nous savons…
— Mais vous savez quoi ?
— Nous savons. […]
— Mais ça ne va pas !
— Si, si, si, si… Ça va très bien. […]
— On se connaît !
— Bien sûr que l’on se connaît. Mais là, nous savons.
— Mais vous savez quoi ?
— Nous savons.
— Mais vous rigolez ! Ça ne va pas la tête !
— Ça va très bien. […] Nous savons.
— Mais je ne sais pas ce que vous savez.
— Tu sais que je sais.
— Non ! Je ne sais pas ce que vous savez.
— Tu sais que je sais donc…
— Mais non ! […] Mais ça ne va pas !
— Si, si, ça va.
— Vous êtes malades !

– Eric Laffitte et Jean-Marie Pontaut, Extrait de l’enregistrement de la mise à pied de l’un des cadres de Renault, L’Express, 12/04/2011

Vous êtes malades… Ainsi se conclut de manière visionnaire cet entretien qui allait déboucher sur l’un de ces petits scandales du monde des affaires, si révélateurs d’immenses non-dits. Ces vingt-cinq minutes de tête-à-tête, entre deux hommes de générations différentes, sont exemplaires.

Le chef a la corporate speak douceâtre. Il voudrait tant régler le problème qu’on lui a mis sur les bras comme un business déshumanisé. Malheureusement pour lui, l’autre est tenace : il protège la flamme vacillante de sa vérité au milieu de la tempête. Il ne veut pas parler de manière business, lui.

Nous savons… Que savent-ils au juste ces cadres dirigeants de Renault ? Que le monde de leur jeunesse, le vingtième siècle, n’existe plus ? Qu’un gouffre les sépare désormais de la réalité future, qui se tisse dans l’ombre ? Qu’ils ne dirigent, en fait, plus grand chose ?

Titanesque énergie des mers !

« Réfléchissez au mouvement des vagues, au flux et reflux, au va-et-vient des marées. Qu’est-ce que l’océan ? une énorme force perdue. Comme la terre est bête ! ne pas employer l’océan ! »

– Victor Hugo, Quatre-vingt-treize (1874).

Face à la propagande intensive de notre industrie nucléaire étatisée — vous savez, ces fameux « champions nationaux » de la subvention publique — il est bon de relire Victor Hugo, ce grand patriote qui fit la chasse à tous les petits napoléons de son époque. Et oui, le solitaire de Jersey, celui qui s’écriait tous les matins à pleins poumons : « Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ! » Autres temps, autres mœurs ?

Avec 11 millions de km² de zone économique exclusive, la France est la 2e puissance maritime mondiale, après les États-Unis d’Amérique, à égalité avec le Royaume-Uni. On nous saoule à longueur de journaux télévisés sur la nécessaire nucléarisation du territoire français, mais qui a jamais entendu parler de la titanesque énergie des mers, dont nous ne faisons rien ?

Ne soyons pas avares de faits, et donnons la parole aux scientifiques, ce peuple persécuté par les mass media contemporains. Voici ce qu’ils nous disent : pour 2050, les besoins de l’humanité en énergie sont estimés à 16,5 GTep (ils étaient de 11,7 GTep en 2006, assurés pour 6,2% par le nucléaire). Or les mers pourraient en théorie fournir 30 000 GTep à partir du seul rayonnement solaire sur leur surface, 40 GTep par la force du vent, dont une partie se transforme en houle et vagues, et 2 GTep par la force des courants de marées. Il faut rajouter à cela l’énergie des différences de température selon la profondeur, et celle des gradients de salinité dans les estuaires.

La France a donc des atouts inestimables dans le domaine des énergie marines et n’en a fait, jusqu’à présent, quasiment rien, préférant dépenser 100 millions d’euros en « investissements d’avenir » dans le domaine des déchets nucléaires, ou bien développer de coûteux nouveaux modèles de réacteurs qui-résoudraient-enfin-tous-les-problèmes (vieille rengaine de la technocratie nationale).

On nous annonce, bien tardivement, des éoliennes en Bretagne, simple rattrapage de notre retard sur les installations de nos voisins européens… Et puis ? Silence.

Qui gouverne la France ?