Les nouveaux Galilée

« Le temps du monde fini commence. »

– Paul Valéry, Regards sur le monde actuel (1931).

Aurions-nous pu imaginer, il y a de cela à peine quelques décennies, que tout irait aussi vite ? Le vingt-et-unième siècle à peine entamé, nous voici désormais confrontés à la finitude de notre domaine, pour reprendre la belle expression d’Albert Jacquard.

Nous semblons vivre une époque en tous points similaire à celle du grand Galileo Galilei, inventeur de la science moderne. Une gigantesque controverse s’est levée au large, elle approche désormais en grondant des côtes les plus protégées des civilisations avancées. Aucune digue culturelle ne lui résistera.

La finitude de notre domaine… Qui, parmi les gouvernants des puissances économiques et politiques de notre temps, a envie d’entendre une pareille leçon d’humilité ? Et pourtant, celle-ci est répétée, jour après jour, par des voix innombrables : scientifiques, entrepreneurs, militants, citoyens ordinaires. Les nouveaux Galilée.

En face, se regroupe une foule compacte, non pas de cardinaux soucieux de maintenir la cohérence intellectuelle d’un système religieux, mais un rassemblement hétéroclite de partis, publics ou privés, qui défendent avant tout les intérêts de ceux qui ont tout à perdre à un changement de paradigme.

Quatre siècles après avoir reconnu que la Terre n’était pas le centre de l’Univers, il nous faut désormais admettre que cette petite bille de glaise est finalement tout ce qui nous est donné de conquérir, ici et maintenant, et d’aussi loin que porte le regard sur l’horizon des siècles.

Ô la finitude de notre domaine !